La beauté de l’allaitement

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As salamou aleykoum chères fidèles lectrices d’Oum Soumeyya !

Aujourd’hui, j’aimerais aborder le thème de l’allaitement, et plus précisément de la beauté de l’allaitement. Certaines liront ces paragraphes avec un pincement au cœur puisqu’elles n’ont pas pu avoir assez de lait que pour pouvoir donner le sein à leur petit bout. Mais ne désespérez pas ! Ça sera pour le prochain inchaAllah ! Pour celles qui ont passé l’âge d’avoir des enfants : disons kheir inchaAllah ! En ce qui concerne les futures mamans (et les autres aussi bien sûr ^^ ), je vous laisse déguster cet article afin de découvrir ce qui vous attend dans les mois ou même les jours à venir inchaAllah.

Tout d’abord, je désirerais préciser que dans l’allaitement, il y a une évolution. Maman et bébé apprennent tous les deux à s’adapter l’un à l’autre. Aux tous débuts, bébé ne sait même pas téter. C’est tout un apprentissage aussi bien pour bébé que pour maman. Je me rappelle encore du corps à corps avec ma petite au moment de sa naissance. Chaque fois que j’y repense, j’ai les larmes aux yeux. Elle cherchait mon regard, et le poing dans la bouche, elle voulait téter. Un bonheur de la voir ainsi. Son petit visage de nouveau-né, son corps fragile, ses petites mains, ses bras tous fins, mais son regard tout aussi intense que je n’oublierai jamais.

Bien que les débuts soient un peu difficiles, l’allaitement est devenu, au court du temps, un plaisir inexplicable. Ses petites mains glacées qui me caressent. Son regard qui me surveille et regarde si tout va bien en même temps qu’elle tête. Son impatience avant la montée de lait. Sa petite main qui recherche un appui sur mon corps. Elle serre mon vêtement très très fort, avec autant de force et de concentration. Et bien d’autres situations que je pourrais énumérer. Ce que j’aime le plus lors de la tété, ce sont ses petites pauses durant lesquelles elle m’observe avec les yeux tous pétillants et elle commence à me parler. Les petits sourires qui me font craquer, ses regards insistants qui durent longtemps et m’observent pour ensuite reprendre la tétée. Même si je ne comprends pas ce qu’elle me raconte, j’apprécie vraiment ces petits moments. Durant ceux-ci, nous avons l’occasion d’être très proches avec ma fille. Elle, occupée à manger, moi, occupée à l’observer très attentivement. Je la regarde dans les yeux, lui caresse les cheveux doux comme de la soie. Plus elle grandit, plus je redoute le moment où elle commencera à manger ses petits repas. On dirait un petit oiseau qui va s’envoler de son nid. Elle me démontre déjà avec des petits signes qu’elle devient de plus en plus autonome. J’ai l’impression que ce sont des moments uniques à chaque fois. L’allaitement nous donne la possibilité à bébé et moi de nous retrouver : c’est notre moment de rendez-vous où le silence en dit plus que les paroles. Il suffit d’observer une maman allaiter, vous comprendrez que derrière cette scène, il y a beaucoup plus.

Avant d’être maman, je n’aurais jamais deviné que ces instants durant lesquels ma fille allait déguster son repas allaient également être un moment de plaisir pour moi. Le plaisir de l’écouter avaler. Le plaisir de l’entendre respirer. Le plaisir de la voir concentrée. Le plaisir de la toucher et la regarder d’une telle profondeur pour retenir tous les traits de son visage.

A côté de ses instants poétiques, il y a aussi des moments comiques. Les giclées de lait, c’est le plus marrant dans tout cela : ma petite a des gouttelettes de lait sur tout le visage. Des gouttelettes qui ne la dérangent absolument pas ! Elle continue à déguster avec autant d’appétit et de concentration. La montée de lait durant le bain ou encore lors de la tétée se trouvent également dans la liste de ces instants comiques. Une autre anecdote que l’on pourrait citer dans ce registre, c’est la réaction et l’impatience de bébé au moment où je lui mets son bavoir : elle bouge dans tous les sens, elle ne sais plus garder son calme parce que l’odeur du lait est là. J’ai intérêt à accélérer mes mouvements, dans le cas contraire, cette impatience se traduit par des cris et mêmes des pleurs.

Lorsqu’on aborde le thème de l’allaitement, parler de l’angoisse du manque du lait est inévitable. Je pense que toute maman allaitante l’a déjà vécue. Il m’est déjà arrivé de pleurer en allaitant ma petite, je pensais vraiment qu’elle n’avait pas assez, que mon lait ne lui suffisait pas. Ma phobie du lait artificiel, lait en poudre, qu’ils appellent ‘lait de croissance’, en est une des causes. Je trouve vraiment que ça ne mérite pas cette appellation. La liste d’ingrédients très longue et incompréhensible me fait peur.

En tant que maman allaitante, je ressens à différents moments de la journée que ma fille me manque. Elle est en train de dormir, je suis fatiguée ou occupée à faire mes tâches ménagères ou lire mon livre. Et je vais la voir à plusieurs reprises afin de desceller certains signes qui m’avertiraient de son réveil. Un bonheur de la réveiller. Je n’ai jamais vu un bébé si joyeux : elle se réveille le sourire aux lèvres soubhanallah ! Être maman, c’est être aimée sans retour. Cet amour qui ressort de ses yeux en me voyant me fait fondre. Je suis comme une glace au soleil devant ma fille ! ^^

Certaines d’entre vous se demandent peut-être pourquoi j’ai écrit un article sur l’allaitement. En fait, il existe un grand nombre de mamans qui refusent d’allaiter à cause de certaines angoisses. L’angoisse de ne pas y arriver ; la peur d’avoir les seins déformés à cause de l’allaitement ; le refus d’avoir mal. Toutes sortes de raisons les empêchent à franchir le pas. J’ai voulu, par ces écrits, démontrer que nous avons des peurs infondées qui sont quelques fois causées par de fausses idées que l’on nous a transmises. Le conseil que j’aimerais donner à toutes les futures mamans : n’ayez pas peur! Faites le pas! Ayez à l’esprit que toute chose a ses petits désagréments. N’oubliez jamais qu’Allah nous a tellement bien créées que ces douleurs du début qui ne sont que passagères font directement place à des moments de plaisir, qui nous font oublier les inhabiletés des premiers jours. Et sachez une chose : toute les fois que vous allaitez votre petit bout, faite-le pour gagner la satisfaction d’Allah. Vous verrez un changement dans votre état d’âme. Testé et approuvé ^^

Ecrit par : Oum Soumeyya

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À propos de l’auteur

7 commentaires

  1. Salam alaykom ma soeur,

    Mash’Allah ma soeur, ton article m’a fait frissonné. Etant une « amoureuse » de l’allaitement, j’en ai fait mon activité principale (je suis bénévole dans une association de soutien à l’allaitement maternel, et c’est un réel plaisir d’aider les mamans qui font appel à nous).
    Tu as raison de citer toutes ces phases si particulières de l’allaitement. Quand l’allaitement coule de source, quel bonheur…

    Je voudrais juste revenir sur deux petites choses dans ton article : la première tu cites les « mamans qui n’ont pas assez de lait ». Je voulais juste préciser que « ne pas avoir de lait » résulte forcément d’un soucis qui peut être réglé, et non pas d’un fait physiologique. Dieu nous a crée femelle, pouvant nourrir son petit. Il est inconcevable de penser que certaines femmes ne peuvent allaiter parce qu’elles « n’ont pas de lait ».

    La seconde chose, tu dis que bébé ne sait pas téter au tout début… J’ai été un peu décontenancée par cette phrase. Au contraire, le bébé a un réflexe de succion, déjà in utero. Alors, il est vrai que certaines conditions de l’accouchement (notamment sous péridurale, par exemple ou autre anesthésiant) peuvent PARFOIS amoindrir le réflexe de succion. Mais la plupart des bébés qui naissent (sans médication) montent même d’eux-même vers le sein, pour le téter… Tout seul, comme des « grands » :)

    Profite bien de cette période magique… Cela passe si vite, tellement vite…

    • Wa ‘alaykoum salam Salwa!

      Encore des idées qui circulent qui nous ‘pourrissent la vie’. Je pensais vraiment qu’il était possible de ne pas avoir suffisamment de lait. Sais-tu pourquoi j’en était persuadée? A cause de certaines femmes de notre communauté qui sont très ‘délicates’ en me posant sans cesse la question ‘Tu as assez de lait?’ C’était tellement une phobie pour moi que même avant d’être enceinte je faisais des invocations pour avoir beaaaacoup de lait xD Je te remercie de nous éclairer sur ce sujet sur lequel machaAllah tu t’y connais bien en la matière ^^ Dans l’espoir de te relire avec tes belles interventions inchaAllah : )

      • Barak Allahou fiki ma sœur.
        Oui, ce mythe a la peau dure et est cause de bien des soucis.
        C’est sûrement la question du top 10 qui prend la première position : « est ce que j’aurai assez de lait? »

        La lactation est un processus, sobhan’Allah, miraculeux comme toutes les créations de notre Seigneur : plus le bébé tète, plus le corps produit du lait.
        Si nous écoutons notre instinct le plus « primaire », nous avons tendance en tant que mère, de poser notre enfant au sein, à chaque fois que l’on ressent au fond de nous qu’il en a besoin (et cela revient en général, plus d’une dizaine de fois, les premiers mois…) ce qui entraîne une bonne production lactée, el hamdoulilleh.
        Mais nous vivons dans une société où tout est « contrôlé », « mesuré », « calculé »… Et l’instinct maternel est noyé sous des phrases qui peuvent nous porter préjudice : un bébé qui « ne suit pas les courbes », « n’a pas le bon rythme », et hop… La mère se retrouve parasitée par des questions comme « t’es sûre que ton lait est assez nourrissant? » ; « peut-être que tu n’en as pas assez ? » ; « il réclame souvent, tu es sûre qu’il est rassasié? »
        Ce n’est pas qu’une peur des maghrébines, mais universelle… Insidieusement mis dans la tête des mamans, par les laboratoires de lait en poudre…

        Enfin, c’est une longue histoire :)

        Mais en gros, si tu entends encore de toi, qu’une maman pense ne pas avoir de lait pour son bébé, dis lui que si elle ressent vraiment ce sentiment, c’est remédiable, et qu’elle contact une personne FORMÉE en allaitement (les médecins ne sont bien souvent pas formés… Mieux vaut se tourner vers des associations comme La Leche League, où les mamans -bénévoles- ont une formation solide sur l’allaitement e soutiennent gratuitement des mamans).

        • Wa aleyki salamma soeur Salwa! Tu sais, depuis que tu nous as éclairée sur ce sujet, je me sens beaucoup mieux. Je sentais que j’avais un blocage à chaque fois. Psychologiquement, j’avais l’impression de ne pas avoir assez. Je faisais toujours un rapprochement entre les pleurs de ma petite et mon lait. Alors qu’elle pleure peut-être parce qu’elle a mal au ventre, a des coliques, etc. Comme quoi, les langues peuvent faire beaucoup de dégâts. Merci encore de partager ton savoir ^^

  2. Selam aaleikum Oukhty merci pour ce tres beau partage ma sha ALLAH baraka ALLAH oufik jai appris beaucoup de chose en lisant ton article cest vraiment magnifique ce partage entre mere et enfant ma sha ALLAH cette complicité… La creation dALLAH cest tellement magnifique on en apprend tout les jours… Qu ALLAH te Protege ainsi que ta fille amine.

  3. Selam aleyküm. Je me permets de revenir sur les propos de notre soeur Salwa. Ma fille a maintenant un an et demi. C’est mon premier enfant. J’ai voulu l’allaiter mais je n’ai pu le faire. Bien que ma fille tétait pendant plus d’une heure à chaque fois, elle perdait sans cesse du poids. De plus, elle était née avec un faible poids.
    Lors de la deuxième semaine, j’ai pris contact avec une sage-femme afin qu’elle me donne des conseils sur l’allaitement. Elle m’a dit que je procédais correctement. Elle a ajouté qu’il serait judicieux de prendre du Galactogil, se reposer et boire beaucoup d’eau afin de booster la montée de lait. Mais rien n’y a fait, ma petite continuait de maigrir.
    Après trois semaines, ma mère a voulu tirer mon lait et nous avons constater que je n’avais que 20 ml. Donc, pas assez pour que ma fille se nourrisse suffisamment. Nous avons donc décider de prendre un « lait de substitution ». Après quoi, ma fille n’a plus voulu venir au sein… J’ai tiré mon lait afin que ma fille bénéficie quand même des bienfaits du lait maternel. Mais le mélange des deux laits ne lui convenait pas et elle vomissait lorsque je lui donnait simultanément les deux laits. Or, le lait maternel ne suffisait pas seul…
    En fin de compte, j’ai voulu allaiter mais je n’ai pas pu. Je ne sais pas si une autre méthode aurait fonctionné, si j’aurais du procéder d’une autre manière afin de stimuler la lactation.
    A chaque fois que je m’en souviens, je ne peux m’empêcher de pleurer…

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