L’éducation à la pudeur: un thème qui nous concerne toutes et tous (3)

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As salamou aleykoum mes chères soeurs!

Aujourd’hui, nous aborderons l’avant-dernière partie de ce long chapitre intitulé ‘Education à la pudeur’. En espérant inchaAllah que ces informations nous aiderons à corriger nos erreurs.

Suite:

  • apprenez à vos enfants à mettre des limites dans leur relation avec leurs cousins/cousines. Le mariage leur est permis en islam. Ils peuvent avoir une attirance l’un pour l’autre. Veillez donc à leur apprendre qu’ils leur sont proches mais ne sont pas leurs frères et soeurs. Ils sont leurs cousins et cousines.

  • Lorsque vos nièces/neveux jouent avec vos enfants, ayez un oeil sur eux. Ne les laissez pas trop seuls dans une chambre. Ne leur montrez surtout pas que vous êtes en train de les contrôler, ou même de les ‘soupçonner’.

  • Apprenez à vos enfants à bien mettre leurs limites de confiance envers les personnes qui leur sont étrangères. Si les enfants sont trop petits pour le comprendre, faites-le à leur place.

  • Les personnes qui sont en dehors du groupe ‘Nous’ (càd maman papa, frères, soeurs, oncles maternels et paternels, tantes maternelles et paternelles, grands-parents) doivent être montrées aux enfants comme des personnes normales et non des personnes auxquelles on peut avoir une confiance illimitée. Vous pouvez avoir recours à la méthode suivante : souligner devant l’enfant que la tante est la moitié d’une mère, ou est comme une mère ; l’oncle est comme un père. Ainsi, les enfants pourront rejeter les demandes suspicieuses des personnes n’appartenant pas au groupe ‘Nous’.

  • La colère est un sentiment inné chez l’enfant qu’il ne faut pas lui supprimer. Les parents ne se rendent pas compte à quel point la présence de la colère est importante chez l’enfant. Il ne faut pas étouffer et supprimer la colère de l’enfant. Il faut juste lui apprendre à la contrôler et l’utiliser au bon moment. Puisqu’au moment venu, lorsqu’il en aura besoin, l’enfant se mettra en colère et ceci l’aidera à se protéger de choses dangereuses. La colère est un sentiment présent chez tout être humain. Elle aide les personnes à se protéger, c’est un mécanisme de défense. Lors de la colère, même une personne faible pourra faire face à une personne forte. Ceci est dû à la production particulière d’hormones durant la mise en colère. La colère a ses côtés négatifs mais aussi ses côtés positifs. Rendez-vous en compte.

  • Ne faites pas de vos enfants des être peureux et sans défense.

  • Veillez à ne pas laisser un adolescent seul avec votre enfant. Cette période d’adolescence est une période difficile, une période de changement de corps, de pulsions intensives et plus faibles chez d’autres. Certains ne peuvent pas se contrôler.

  • Ne faites jamais d’allusions comme celles-ci devant les enfants : ‘J’aimerais bien que tu sois ma belle-fille quand tu seras grande’ ; ‘vous allez bien ensemble avec mon fils tu sais ça ?’ ; quand tu seras grande je vais venir demander ta main pour mon fils’ ; ‘si seulement tu étais plus grande, je t’aurais prise pour mon fils’… Les enfants sont tellement naïfs. Ils ne se rendent pas compte du sens de ce que vous êtes en train de leur dire. Pour eux, le mariage, ce sont des beaux vêtements et une fête, rien d’autre. Surtout pour les filles. Ne les perturbez pas. Et ne mettez pas de mauvaises idées dans la tête de vos fils.

  • Les analyses démontrent que les enfants victimes d’agression ont une famille qui leur met la pression. Ces parents ne permettent pas à leur enfant de s’exprimer, de se mettre en colère. La colère est aussi est une forme d’expression alors que le cercle familial est comme une salle d’entraînement. L’enfant se préparera dans la famille à affronter les événements auxquels il fera face dans la vie réelle, à l’extérieur du foyer.

  • Comment apprendre à l’enfant à équilibrer l’usage de sa colère ? Ici, le concept de ‘conscience’ entre en jeu. La ‘colère’ est le poison, et son antidote est la ‘conscience’. Lorsque votre enfant aura atteint l’âge de 4 ans, vous devrez mettre en pratique des méthodes d’éducation qui déclencheront ce mécanisme de ‘conscience’ chez votre enfant. De temps à autres, les parents doivent ‘tester’ ce mécanisme de ‘conscience’ chez leurs enfants. Si vous apprenez à développer ce mécanisme de colère chez votre enfant en délaissant le mécanisme de conscience, cet enfant sera plus tard un enfant qui ne créera que des problèmes. Plus tard, lorsque cet enfant se mariera, il empoisonnera la vie de son épouse/époux. S’il devient professeur, il empoisonnera la vie de ses élèves.

  • Un enfant est le miroir, l’écho de ses parents. L’enfant copie tout ce qu’il apprend de ses parents. Par exemple, si une maman voit une fourmi et dit ‘Je ne vais pas l’écraser, la pauvre, sinon je pourrai la blesser et elle ne pourra pas retourner dans son nid’. Eh bien ce comportement s’installera dans la conscience de l’enfant. Les enfants ne recopient pas uniquement les gestes mais aussi la conscience de leurs parents.

  • Comme la conscience des enfants est une copie de la conscience des parents, les parents doivent se poser la question suivante : ‘Quel est le degré de sensibilité de ma conscience ?’ Mais comment mesurer ce degré de sensibilité ? Si votre conscience est dure, celle de votre enfant le sera aussi. Si votre conscience est sensible/douce, celle de votre enfant le sera aussi.

  • Si vous voulez tester le niveau de sensibilité de votre conscience, prêtez une attention particulière à la fréquence du mot ‘mais’ que vous utilisez. ‘Mais’ est l’introduction d’excuses. Sachez que chaque fois que vous utilisez le mot ‘mais’ pour inventer une excuse ‘justifiant’ soit-disant vos gestes et comportements, vous êtes en train de tuer votre conscience. Vous allez mieux comprendre avec l’exemple suivant : imaginez un enfant de 5 ans se faire tabasser devant vos yeux par un adulte ; vous ne réagissez pas, les autres non plus. Chacun a une réaction basée sur la conscience qui sera différente selon les excuses ‘inventées’ pour calmer sa conscience : ‘oui, mais il le méritait’, ‘je suis contre ce genre de violence mais l’enfant était vraiment très insupportable’,… etc. Les excuses brisent la non-tranquillité de la conscience. Les excuses font taire la conscience, la petite voix qui nous dit qu’il faut réagir puisque ce qui se fait n’est pas correct. Si vous êtes vous aussi une personne qui fait taire sa conscience face à certains événements avec des excuses et des ‘oui mais…’, ceci signifie que vous êtes injustes avec beaucoup de personnes, en commençant par vous-mêmes.

  • La vie religieuse et les valeurs nourrissent notre conscience. Les parents doivent apprendre à leurs enfants à être un bon musulman en commençant par appliquer les règles sur leur propre comportement (aider les autres, le partage, le respect des animaux, le respect des personnes âgées,…). S’ils disent une chose et font le contraire en pratique : votre enfant n’aura plus de respect pour les valeurs que vous tentez de lui transmettre. Avec le temps, sa conscience se durcira.

  • Le mensonge empoisonnera la conscience. Les ‘petits’ mensonges aussi appelés ‘gentils mensonges’, ‘blagues’,… étoufferont la conscience présente chez l’enfant. Aucune conscience ne pourra demeurer silencieuse face à des mensonges. Quelques fois, les enfants se cachent derrière l’excuse ‘je n’ai pas menti, j’ai juste blagué’, et ne pourront pas différencier le mensonge qu’ils viennent de prononcer d’une blague. Il faut donc apprendre à nos enfants à ne pas mentir, même pour blaguer. Il faut leur apprendre comment il leur est autorisé à blaguer.

  • Le sentiment de justice/ équité développera la conscience : dans le cadre familial, l’enfant doit être témoin d’événements qui renforceront son idée de justice et d’équité. Chaque geste des parents doit faire ressentir que les parents sont équitables vis-à-vis de leur enfant.

  • La découverte de la nature et du monde des animaux sensibilisera la conscience de l’enfant. Un enfant qui voit un lapin déguster une carotte, ou qui analyse les pétales colorées d’une belle fleur, ou même le chemin qu’emprunte une fourmi pour se protéger des dangers,… apprendra aussi que la colère peut détruire beaucoup de choses. Un des tuyaux donnés par certains pédagogues pour apprendre à l’enfant à contrôler sa colère est lui acheter un animal domestique comme un chaton. La règle du jeu : c’est l’enfant qui doit s’occuper de l’animal lorsqu’il est à la maison. Ainsi, l’enfant apprendra à se comporter avec douceur avec son animal. L’enfant s’attendrira devant ce bel animal tout en maîtrisant sa colère. Ce sentiment de colère ne disparaîtra pas. Il sera mis de côté et sera puisé au moment venu.

  • Les punitions tueront la conscience: ceci est aussi bien valable pour les adultes que pour les enfants. Si la personne reçoit injustement une punition, celle-ci est susceptible d’avoir un coeur qui s’endurcira.

(à suivre…)

Ecrit par votre soeur Oum Soumeyya

Source : Adem GÜNES, Mahremiyet Egitimi (L’Education à la Pudeur), éditions Selis, Istanbul, 2014.

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