A toutes les mamans qui n’ont pas le temps de s’occuper de leurs enfants

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As salamou aleykoum mes chères soeurs!

Aujourd’hui, vous lirez un texte écrit par une soeur. Je n’en dis pas plus ))

Bonne lecture et qu’Allah vous garde!


Maman, je t’écris ces mots pour que tu puisses me connaître. Apprends à me connaître et ne sois pas surprise par le fait que je tiens énormément à toi, que je t’aime autant, que je ne supporte même pas que tu disparaisses de ma vue. Sache que je suis petit(e), nous allons grandir ensemble. Parfois, nous allons nous tromper, nous allons beaucoup nous fatiguer maman, nous allons passer des nuits blanches, mais comme toute belle chose, celles-ci se terminerons rapidement aussi. Je vais grandir, et tu vas regretter de ne pas avoir senti mon odeur plus longtemps. Le monde est ainsi maman.

Maman, j’ai peur la plupart du temps ; des bruits, des lumières, des objets, des gens… Ton sourire est ma seule consolation. Je fais des promesses plus grandes que ma taille. Je suis triste lorsque tu es triste. Lorsque tu ne souris plus à cause de la fatigue, que tu te plains toute seule, et que tu me dis en me regardant dans les yeux ‘j’en ai marre de toi’. Je promets que je vais être sage maman.

Je me dis, ‘si seulement j’étais grand(e), que je pouvais aider ma maman, je ferai le ménage à sa place, je préparerai les repas’. Pourquoi suis-je aussi curieux(se) ? Si seulement je connaissais toutes ces choses à la naissance, comme ma maman. Je suis triste de pas pouvoir t’aider maman. Je me colle à toi pour te consoler, pour te donner de la force, pour que tu sois heureuse. Alors que toi, tu recherches les solutions ailleurs, tu m’oublies et tu ne me vois pas…

Je suis très sensible face aux bruits, tu sais maman ? Je vois flou jusqu’au sixième mois, mais même avant la naissance, j’entends très bien. Maman, la seule chose dont j’ai besoin est ta voix pleine de tendresse. Une voix qui chantonne pour que je m’endorme, une voix qui devient comique pour me faire rire, une voix douce pour me calmer, une voix qui me donne de la sérénité, de la confiance. Lorsque je les compare avec ta voix maman, tout ce mobilier et ces objets me perturbent maman. J’ai peur de l’aspirateur, du lave-vaisselle, du mixer, et des fois même de la sonnette. Je suis encore petit(e). Je sais que ça va passer lorsque je serai grand(e), toi aussi j’aimerais que tu le saches maman.

Ces derniers temps, je ressens que tu es injuste avec moi. Non, je ne veux pas t’accuser, c’est juste ce que je ressens, et j’aimerais que tu le saches. Tu aimerais que j’apprenne et intègre en quelques mois, ce que tu as toi-même appris en 30 ans. Crois-moi maman, je fais ce que je peux. Il y a un gros fardeau sur mes toutes petites épaules… Alors que j’avais des rêves nous concernant nous deux… Des rêves dans lesquels ma maman allait toujours être à mes côtés, et la chose la plus importante la concernant dont j’allais me rappeler allait être son beau visage souriant. J’allais essayer, me tromper, et encore essayer pour finalement y arriver. Et la seule chose qu’elle devait faire allait être me regarder avec des yeux souriants.

Mon intention n’est pas de faire des bêtises maman. Je suis tout(e) petit(e), alors je ne sais rien. La plupart du temps, j’ai peur maman. J’ai l’impression d’être seul(e) dans un monde de géants. Oui, tu sais, vous avez beaucoup trop d’affaires et de meubles et ils sont très grands. Les vitrines, les télévisions, les garde-robes, les bibliothèques, les cuisines équipées,… Quoique vous les appeliez. Tout est si grand. J’ai peur d’être un petit dans le monde des grands.

Ces choses sont grandes et il est interdit de les toucher et tenter de les découvrir. Chaque fois que je touche à un de ces objets, tu cries, tu fronces les sourcils et tu me dis un grand ‘non’. Alors que moi, j’essaye de m’intégrer dans ton monde maman, j’essaye d’apprendre, et te dire ‘regarde maman, tu as vu ce que je sais faire tout(e) seul(e) !’ Tu as rempli chaque recoin de notre maison avec des objets colorés, brillants, avec des perles, des objets qui font du bruit, et des choses amusantes à fouiller, et puis après, quand tu me dis ‘non !’, c’est comme si tu me mettais dans une pièce remplie de chocolats et me disais ‘tu ne peux surtout pas en manger !’. Je ne comprends pas maman pourquoi tu fais ça… Tu ne renonces pas à ton plaisir de faire des courses, à ta curiosité d’essayer de nouvelles recettes, à ta dépendance à surfer sur les réseaux sociaux, mais moi, je suis obligé(e) de renoncer à ce désir de découvrir que mon Créateur a mis en moi pour que je puisse connaître le monde qui m’entoure.

Des fois, j’ai l’impression que ma maman n’a jamais été un bébé, qu’elle n’a pas vécu d’enfance, qu’elle est née maman. Si ce n’était pas comme ça, tu m’aurais compris maman : tu aurais su que ta patience, je te l’aurais rendue lorsque j’aurais grandi. Plus tu seras tendre et clémente avec moi, plus je serais tendre et clément(e) envers toi. Le Paradis est sous tes pieds. Mais tu en as si vite eu marre de moi maman… Si ton soucis est de nourrir tes invitées, fais-le, mais pourquoi préparer des tables de fête juste pour qu’elles disent que tu es une grande cuisinière, et pendant ce temps-là, tu me repousses en me disant ‘Arrête de me coller !’. Tu as attendu de moi que je comble ton absence en regardant la télévision. Tu n’as jamais fini tes tâches ménagères interminables ; quand ce n’est pas le nettoyage, ce sont les repas, quand ce n’est pas le repas, c’est le repassage. Des fois, je suis venu(e) à tes côtés dans l’espoir que tu remarques que j’existe, j’ai cru que tu allais me dire ‘mon bébé, nous n’avons pas encore joué ensemble aujourd’hui, n’est-ce pas?’, mais toi, tu as fermé les portes à mon nez. Tu aurais très bien pu ne pas repasser mes chemisettes, nous aurions très bien pu manger un petit déjeuner à la place du repas, mais ne me repousse pas maman…

Lorsque je pense à la tâche qui t’a été donnée, j’ai peur maman. Tu dois éduquer un être humain, un bébé qui ne connaît rien du tout. Tu dois faire en sorte que ce bébé connaisse son Créateur. Il te reste très peu de temps, je grandis vite. Tout comme aujourd’hui je comprends ce qui se passe autour de moi, demain aussi je le ferai. Choisis tes occupations en fonction de ce que tu voudrais que je devienne. Je serai soit ton Paradis, soit ton Enfer.

Ecrit par Oum Salih

Traduit par Oum Soumeyya

Lire aussi: A tous les papas fatigués et occupés / Oum Soumeyya

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À propos de l’auteur

27 commentaires

  1. Assalamou ‘alayki, Ce texte m’a fait pleurer, énormément, si ce n’était la présence dans la même pièce que moi je crois que je me serais encore plus effondrée. Je me suis reconnue à 100% dans ce texte, et je culpabilise énormément….. JazaakiLLAHou khayran pour cette prise de conscience…

    • Wa aleyki selam wa rahmatoullah ma soeur,

      Ton commentaire m’a donné des frissons… Parce que j’ai vécu la même chose la première fois que j’ai lu le texte. On croit être les meilleures mamans du monde en ne sortant pas de la cuisine et en ayant une maison super hyper propre… Mais on néglige nos trésors qui sont à nos côtés, des trésors dont les yeux brillent quand ils nous voient et que nous ne voyons même plus… Je suis heureuse de m’être réveillée alhamdoulillah. Je suis heureuse que tu aies pris conscience de la situation <3 alhamdoulillah.

  2. alaykom salem
    c ‘est bizarre car tout ce qui a été dit dans ce texte est correcte et on le vit chaque jour mais on ne réagit pas de la bonne manière on oubli qu’on a été enfants nous aussi

  3. Salamaleikoum,

    Actuellement enceinte de 10 semaines, ce texte m’a donné beaucoup de frissons. J’espère être une bonne mère inch’Allah.
    En tout cas ce texte fait réfléchir.

    • Wa aleykoum selam wa rahmatoullah ma soeur Hélène,

      Félicitations pour le bébé! Que tout se passe pour le mieux inchaAllah! Qu’Allah te donne des enfants et une descendance pieuse.

      Tu seras une bonne mère inchaAllah, n’en doute pas. Il faut juste remettre de l’ordre dans nos priorités.

      Nos amies ? , le ménage ? , notre religion ? , nos enfants ? , les courses…etc

      C’est à chacune d’entre nous de réformer nos foyers afin d’y être heureuse. La mère/femme joue un grand rôle. Tout est entre nos mains, avec l’aide d’Allah bien sûr.

  4. Oh soubhanAllah j’ai les larmes aux yeux ..
    qu’Allah me pardonne, je me suis reconnue à 100% dans ce texte ((
    j’en pleure wallahi j’ai honte..
    Jazaki Llahu khayran pour ce partage vraiment..

  5. Levraut, Emilie sur

    je ne suis pas musulmane, je suis tombée sur ce billet par hasard via une amie qui l’a liké sur Facebook. Il est superbe. J’envoie toute mon amitié à toutes les mamans du monde qui se sentent bien souvent dépassées, fatiguées, à bout de nerf, et qui souvent s’en veulent d’avoir mal réagit. Nos enfants sont précieux.
    Dieu vous bénisse <3

  6. Assalamo alaikom
    Je dit souvent qu’Allah nous pardonne ce qu’on a fait à nos parents ( lahi smahna mel walidin)
    aujourd’hui j’ai appris à dire Qu’Allah nous pardonne ce qu’ on fait à nos enfants…
    On oublie souvent que notre enfant est une  » ni’ma » de Dieu !
    barakalahofiki pour ce rappel !

  7. J’en ai pleuré et c’est encore le cas.
    Mon Dieu que je ne cesse de me plaindre:(
    Mes petits sont ma vie et je m’en rends bien compte mais malheureusement, je perds vite patience et je parle mal, je pense mal et je m’énerve sur ces anges qui, comme ton beau texte le dis, ne font rien d’autre que découvrir le monde.
    Que Dieu me pardonne, et mes petits anges aussi ????

  8. Salam Aleykoum,

    C’est un très beau texte qui m’a beaucoup ému.
    J’ai vécu cela étant petite car issue de parents divorcés, ma maman avec tout l’amour que je lui porte et le respect que je lui dois a préféré remplacer sa présence à mes côtés et son amour par des biens matériels afin que nous ne manquons de rien mon frère et moi. Ce que je peux comprendre.
    Mais il est vrai aussi que j’ai souffert de son absence à mes côtés, sa disponibilité, son temps à m’accorder.
    Raison pour laquelle en lisant ce texte ça m’a touché profondément. Qu’Allah préserve ma maman car malgré tout c’est une personne qui est prête à se donner corps et âme pour ses enfants comme toute maman d’ailleurs.

    Aujourd’hui je suis maman d’un petite garçon d’un mois et j’espère pouvoir lui apporter tout ce dont il à besoin spirituellement parlant mais aussi en terme d’affection et de temps à lui accorder.
    Je pense que c’est une question d’organisation et de priorités.

    Qu’Allah nous facilite.
    Amine

    Ps: Très beau texte et merci de nous l’avoir partagé.

    • Wa aleykoum selam ma soeur Oum Souleymane,

      Qu’Allah préserve ta maman.

      Il y a un bien dans les choses que nous voyons comme mauvaises. Si tu n’avais pas vécu ceci, même si c’était douloureux j’avoue, tu n’aurais pas connu la valeur du soin et de l’affection que tu donnes à ceux-ci. Qu’Allah nous guérisse nos blessures du passé !

  9. Bonjour Oum Soumeya, très jolie texte, être maman c’est un choix et à partir de là il faut assumer son choix, être attentif à ses enfants est un devoir. Comme je le répète souvent un enfant un bébé se nourrit aussi d’amour et d’attention. Il est bon de nous rappeler cela notre amour et notre attention n’a pas de prix.

    Cependant je trouve ce texte un peu trop culpabilisateur envers les mamans, un enfant ça se fait à deux. Aimer, éduquer un enfant ça se fait à deux. Un enfant a besoin de l’attention de ces deux parents. Combien de maman assume leur responsabilité de parent presque toute seule, combien de maman s’épuise à tenir une maison parce que leur mari ou conjoint ne participe pas aux taches ménagères.

    Un foyer heureux c’est un foyer où on se préoccupe les uns des autres (la mère de l’enfant, la femme du mari mais aussi le mari de la femme et de l’enfant ect.) un foyer où chacun prend soin de l’autre. Un mari, un conjoint aimant est un conjoint qui participe à tâche ménagère, comme le faisait notre prophète bien aimé.

    • Assalamou ‘alaikoum mes soeurs,mamans ou non,musulmanes ou non….
      Je suis absolument d’accord avec vous toutes, étant la « mamounette »de 5 perles rares que j’aime comme jamais je n’aurais cru possible (toutes les mamans me comprennent)…Louange à Notre Miséricordieux Créateur! !!
      Je sais que l’enjeu est énorme, tant spirituellement qu’affectivement.Et qu’il est très difficile au quotidien de rester au « top ».Tant la tâche est importante et prenante.
      Mais la beauté de la maternité est sublimée par celle de la paternité, même si la mère reste en majorité la plus « présente ».Nous avons besoin d’aide,de soutien, et de reconnaissance aussi,de la part de nos maris.Les papas musulmans ou non d’ailleurs,ont un rôle très important.Ne serait-ce que pour garder l’estime de soi, en tant que maman.S’estimer(je ne parle pas de narcissisme, mais de cette confiance en soi qui est un moteur); en tant que femme, musulmane,épouse,maman est très important. Même si je me remets sans cesse en question(tous les jours!!!!), je reste convaincue que mes enfants malgré tous les défis que cela implique (patience, contrôle de soi, accessibilité,transmission et surtout disponibilité! !!!!), sont exactement ceux dont je rêvais et que je suis la maman dont ils rêvent! !!!!!!! Car ALLAH TAALA , dans son Immense Miséricorde donne avec sagesse et justesse, AlHamdouliLAHI.Alors, effectivement ce texte est absolument juste et je me suis reconnue dans tout ce que j’ai lu, mais un peu pessimiste je trouve humblement,pas de façon péjorative, mais il lui manque ce côté encourageant et compréhensif.Je suis de nature très optimiste alors pardonnez moi mes soeurs!!!!!Et surtout n’oublions pas les papas!!!!!!!!!
      Le plus grand défi de ma vie est aussi le plus difficile et le plus merveilleux:mes 5 amours!!!!!!!
      Je vous admire toutes et vous souhaite à toutes une descendance pieuse, qui vous remplisse de bonheur et de réussite aux yeux d’ALLAH LE MISÉRICORDIEUX, amin.Garder la pêche les filles!!la perfection n’est pas de ce monde,alors avec des efforts constants et beaucoup de moments de joie et de bonheur, rien n’est impossible.

      • Wa aleykoum selam wa rahmatoullah wa barakatouh ma soeur,

        Barakallahou fiki pour ta belle intervention. Nous aurions besoin d’une belle plume pour écrire un texte pour les papas.Ils ont besoin d’être secoués. Ils ne se rendent pas compte de la responsabilité qu’ils sont en train de mettre de côté. Après un rappel, ils se réveillent, mais après, ils peuvent oublier et retourner dans leur routine de célibataire. Que dirais-tu de faire le pas? J’ai apprécié ta plume. <3 contacte-moi s'il te plait: oumsoumeyya@outlook.com

  10. Salam alaykoum wa rahmatulah

    Ce n’est pas pour faute culpabilisée les mères juste faire prendre conscience que les petits ont besoin de plus d’attention, de compréhension…

    C’est un très beau article qui nous permets de nous remettre en question!

    Moi j’aime beaucoup, même si je ne suis pas mère.

  11. Assalamu 3alaykum

    superbe texte qui nous remet à notre place un petit peu

    ca fait du bien, on retrouve nos esprits

    qu’Allah vous recompense

  12. Barak allah ou fik sincererement il n’y a que allah ta ralaa qui bénit les efforts d une maman cela ne peut se faire sans l invocation Seikh abderazak al badr hafidouallah a dit que le premier principe de l éducation est de faire des invocations comme celle d Ibrahim Aley salam où zakarya. Et faire ces invocations avec assiduité. L invocation est la meilleure arme une maman dans cet effort ressent la baraka l’aide d allah azawajal sa présence et son soutien soubhanou. Qu’ allah benit la tarrbiya de nos enfants qu’ il descende la hikma dans nos paroles car c est lui le sage

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