Je n’arrive pas à contrôler mon nafs… Que puis-je faire ?

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As salamou aleykoum wa rahmatoullah mes chères soeurs,

J’espère que vous allez bien !

Aujourd’hui, nous allons aborder le thème du nafs, cette âme charnelle, ces pulsions et désirs qui sont en nous et que nous devons apprendre à contrôler afin de ne pas tomber dans l’excès, afin de se maîtriser et prendre les choses en mains.

Rappelons-nous que être accro aux réseaux sociaux ou à son smartphone fait aussi partie de ce manque de contrôle de son nafs.

(Lire aussi Comment ne plus être accro?)

Bonne lecture !

Et surtout : n’oubliez pas de prendre des notes dans votre petit carnet ^^


Je n’arrive pas à contrôler mon nafs.

Que puis-je faire ?

Vous vivez un tel excès de plaisir dans chaque chose que lorsqu’une chose ne contient pas de plaisir, cela vous répugne et vous vous en éloignez.

Vous fuyez.

Cette fois, ce sont les équilibres présents dans vos vies qui sont perturbés.

Parce que nous ne sommes pas venus sur terre pour assouvir nos désirs et nos plaisirs. Nous n’avons pas été créés pour assouvir nos désirs que notre âme charnelle exige de nous.

Tu peux te sentir bien dans les limites du halal, de tout ce qui est autorisé.

Cependant, si tu recherches le plaisir dans chaque chose, sans pour autant mettre une limite bien claire entre ce qui est bon et mauvais…

Si

« Est-ce que le plaisir se trouve dans cette chose ? »

« Vais-je bien m’amuser ici ? »

« Vais-je beaucoup rire ici ? »

sont tes questions phares, tu perdras le contrôle. Il n’y aura plus de frontière. Et tu seras aspiré dans ce tourbillon de l’illimité, du manque de contrôle, pour finir par t’y noyer.

Et ces personnes qui sont submergées par cela devront faire face à des problèmes psychiques.

Vous pouvez nommer cela de la dépression, des troubles de l’anxiété,… L’une des causes expliquant ces maladies peut être celle-ci.

Pourquoi une personne ressent-elle ce genre d’excès de désir et plaisir ?

Pour quelle raison n’arrive-t-elle pas à dire STOP à ces pulsions de désirs et plaisirs ?

La réponse à ces question rejoint le concept de la famille.

Nous avons parlé des enfants.

Les enfants ont un lien étroit entre le désir et la raison. C’est-à-dire que si l’enfant désire totalement se mouiller tout le corps à cet instant précis, sa volonté le pousse à faire cela, et sa raison ne réfute pas cette demande. « Pourquoi pas, que vais-je perdre en faisant cela ? » se dit l’enfant. L’enfant n’a pas d’expérience concernant la vie : il ne se dira pas qu’il va tomber malade, ou que ses vêtements vont lui coller à la peau s’il agit de la sorte.

Si l’enfant a envie de manger du chocolat, à cet instant-là, sa raison ne pourra pas l’en empêcher. Car la raison de l’enfant n’a pas acquis suffisamment d’expérience. Ainsi, la volonté, le désir et la raison agissent main dans la main.

Chez l’enfant, cela fonctionne ainsi. Mais il y a un mécanisme qui doit lui dire ‘STOP’ chez l’enfant en bas-âge.

Face à l’erreur ou face à ce qui est nocif, en fonction de l’âge de l’enfant, il faut lui apprendre le nécessaire et lui donner les clés en main afin de l’aider à se contrôler.

Par exemple : se lever tôt.

Cela ne se résume pas à devoir se lever tôt. C’est l’éducation d’un enfant qui va apprendre à arrêter un plaisir qu’il aimerait faire perdurer.

L’enfant a mangé son repas. Et il désire grignoter. Il faut pouvoir lui dire : ‘Non, tu n’en a pas besoin pour l’instant. Tu as déjà mangé. Tu es rassasié.

Cela rejoint également le fait de faire jeûner des enfants pour qui le jeûne n’est pas encore obligatoire. C’est un apprentissage pour l’enfant qui pourra se limiter, se maîtriser.

Au début, l’enfant doit le faire avec l’aide de ses parents.

Si le parent dit « ce n’est qu’un enfant ». Si le parent n’arrive pas à céder et qu’il répond à tous les besoins de son enfant…

Il y a même des familles dans lesquelles la prière a sa place centrale. Ces parents ont un adolescent. Mais ils ne réveillent pas leur enfant à la prière du matin/ fajr. Pourquoi ? Parce que l’enfant est très fatigué, il ne doit pas se réveiller. En d’autres mots, il doit faire durer son plaisir.

Quand vous leur posez la question :

« Pourquoi ne devrait-il pas se réveiller ? Que se passerait-il s’il se réveille ? « , le parent répond « je n’ose pas le réveiller, le pauvre, il a besoin de dormir ».

L’élément déclencheur qui fait dire au parent « il a besoin de dormir » est sans doute l’amour que le parent ressent envers son enfant. Mais le message que le parent donne à son enfant en agissant de la sorte est    «  sommeil = plaisir = continue à prendre ton plaisir ».

Ainsi, l’enfant qui n’a pas pu s’arrêter durant son enfance, le pourra encore moins durant l’adolescence. L’adolescence est une période difficile qui refuse les limites et où les désirs sont très agités, les plaisirs sont au summum.

Les parents qui n’ont jamais freiné et arrêté leur enfant auront énormément de mal à stopper ces désirs durant l’adolescence, dû au fait que leur intensité est très forte pendant cette période.

Le parent se dira cette fois « Soubhanallah, nous avons commis une erreur quelque part! ». Il essayera de l’en empêcher, de l’arrêter. Mais cette fois, l’enfant n’acceptera aucunement cela.

Et ces plaisirs et désirs intenses non freinés auront pour conséquence un excès de désir.

Que se passe-t-il réellement ?

Sachez qu’il y a des hommes et femmes qui souffrent mais qui ont une demande de plaisir et désir comme celle d’un enfant de 6 ans.

Lorsqu’on regarde l’éducation et les fondements qu’ils ont eus concernant le contrôle de leurs désirs et pulsions, ces adultes sont encore au stade pré-scolaire. C’est la raison pour laquelle il y a des conflits intérieurs. Pour que votre mécanisme de contrôle des pulsions et désirs puisse être parallèle à votre âge, vous devez  une prise de conscience. Vous devez donc prendre des résolutions.

Ceci n’est pas uniquement un handicap qui influera sur votre au-delà. C’est aussi un handicap pour cette vie. Un tas de problèmes attendront ce genre de personne.

C’est la raison pour laquelle chaque parent doit s’éduquer à cela et pouvoir se dire STOP à soi-même d’abord et ensuite à ses enfants. S’éduquer à mettre des limites, et ce, même durant la petite enfance.

J’aimerais souligner le fait que même durant la période qui se situe entre 0 et 2 ans, il y a des limites. Lorsque le bébé a besoin de téter, nous ne l’arrêterons pas. Nous répondrons à ce besoin. Mais vers 2 ans, nous lui mettrons des limites car l’enfant devra arrêter de téter.

Pour l’enfant qui aura atteint les 2 ans, l’éducation de la mise de limites aura déjà débuté dans certains domaines. À ce stade, l’apprentissage de la propreté en allant sur le petit pot aura débuté et l’enfant se dira « Désormais, je ne peux plus faire mes besoins partout où je le souhaite ».

Comme le mécanisme de l’enfant est prêt à être éduqué, si le parent aide celui-ci, cela évoluera de façon positive.

Qu’Allah nous permette de faire partie de ceux qui savent éduquer et contrôler leur nafs…

Source : Yasemin Aktosun – Psychologue

Retranscrit et traduit par Oum Soumeyya – Tous droit réservés ©

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