L’éducation par la punition

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As salamou aleykoum mes chères soeurs,

À toutes les mamans qui punissent leurs bébés ou leurs enfants.

À toutes les mamans qui pensent encore que taper sur la main du bébé lorsqu’il fait une chose qu’il n’aurait pas du faire est un comportement correct.

À toutes les mamans qui croient agir correctement en donnant une leçon à leur bébé afin que celui-ci ne recommence plus.

Qu’Allah vous préserve,

Qu’Il fasse de nous de bonnes mamans, conscientes des conséquences de chacun de nos gestes !

Votre soeur fillah Oum Soumeyya


La raclée n’est pas qu’une punition.

Si vous pensez que votre enfant est un être précieux et que vous désirez qu’il devienne un être avec une belle personnalité, il faut que vous puissiez voir en la personne à laquelle vous confiez votre enfant si elle a une personnalité irritante et blessante.

Comment devons-nous agir alors pour échapper à la punition ? Ne doit-il y avoir aucune punition dans l’éducation ?

Le problème, c’est le fait qu’il y a un amalgame. Il faut pouvoir être maître de la punition. De plus, pour qu’une personne puisse recevoir une punition, elle doit être en état de pouvoir recevoir cette punition.

Illustrons ceci par un exemple:

Imaginons une personne qui a des troubles mentaux, qu’il ait un handicap mental. Il a pris une pierre et a cassé votre fenêtre avec celle-ci. Et vous avez mis cet enfant ou cet adulte en prison. Après, il est sorti de prison. À votre avis, vous avez fait quelque chose de bien ? C’est-à-dire qu’il ne va plus casser de fenêtre vous croyez ?

C’est pour cela qu’il y a des critères à prendre en compte avant de donner une punition.

Premièrement: la personne qui va recevoir la punition doit avoir une santé mentale stable. Si la santé mentale de la personne à laquelle on va donner une punition n’est pas en place, elle n’est pas apte à recevoir une punition.

Deuxièmement : la personne doit être sortie de la période appelée l’enfance. Pourquoi doit-elle être sortie de la période appelée l’enfance ? Parce que si une chose doit être punie, il faut y rechercher une intention ou une préméditation. S’il n’y avait pas cette intention, cette préméditation, dans ce cas, la punition restera entre des points d’interrogation.

Par exemple : à la maison, sans faire exprès, un enfant a pris un verre et l’a laissé tomber par terre. Le verre s’est cassé ! L’enfant est surpris. Pourquoi est-il surpris ? Il se dit ‘C’est bizarre, quand je l’avais en main, il était entier et maintenant il est en morceaux, comment se fait-il ? Pourquoi a-t-il pris cette forme ?’ L’enfant ne comprend pas. Il a fait cela par manque de connaissance.

Ou alors disons que l’enfant à mis sa main dans n’importe quelle chose et il l’a salie. Et puis, il a mis cette main sale dans son assiette et il a sali la nourriture. ‘Eh bien, donnons-lui une punition comme ça on en est débarrassé !?‘ Mais l’enfant ne sait pas qu’il y a des bactéries dans sa main, qu’il ne doit pas faire ça dans ce récipient,… En conséquence, pour qu’une personne puisse recevoir une punition,

il faut que sa raison maîtrise entièrement la situation et les objets. Il doit pouvoir voir, connaitre et comprendre les conséquences de ses actes. Donc si la personne n’a pas gagné cette conscience, il ne faut quand même pas donner de punition à cet enfant.

Par exemple : Vous donnez de l’argent à l’enfant, il le déchire et le jette. Et puis vous le frappez.

L’auditrice nous écrit : ‘d’accord, pas de raclée, mais alors on va lui donner une punition et il va apprendre’. Non, il n’apprendra pas ! L’apprentissage ne se fait pas ainsi. Comprenez s’il vous plait. Pourquoi ? Parce que l’enfant a pris cet argent, mais il ne connaissait pas la valeur, la signification de l’argent. Comment gagne-t-on l’argent, quelle est la valeur de l’argent, que se passe-t-il quand il n’y a pas d’argent,… En déchirant l’argent, oui, l’enfant vous a mis en colère. Mais comme il ne comprenait pas totalement la situation, et n’était pas conscient de son acte, vous ne pouvez pas le punir. En conséquence, quand vous regardez les conditions de la punition, l’enfant ne répond pas aux conditions de pouvoir recevoir une punition.

Cette question nous bloque : alors, on ne va jamais donner de punition ?!

Répondre à l’enfant par une punition sans qu’il n’ait terminé son développement de la période de l’enfance sera un obstacle au développement de l’enfant. On ne peut pas donner de punition à un enfant. Quand le développement mental, émotionnel, physique et moral de l’enfant continue et que ce processus n’est pas complet ; si vous vous apprêtez à punir l’enfant durant cette période de développement, vous aurez interrompu le développement de l’enfant. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de punition dans la pédagogie. Mais si la personne a sa raison en place, qu’elle peut prendre des responsabilités, qu’elle se rend compte de l’utilité de ce qui l’entoure, après cela, la punition peut peut-être commencer.

Surtout si cet enfant est en maternelle, qu’il est tout petit. Se fait-il, pour l’amour d’Allah, de punir un petit enfant ? Punir un enfant qui n’a même pas complété son développement émotionnel est considérablement destructeur.

L’enfant apprendra le bon, le correct en commettant des erreurs. Nous avons cette idée en tête qu’il faut directement corriger l’enfant qui a commis une erreur. Non, ça ne se fait pas. Je n’ai jamais vu un enfant qui a été éduqué sur la philosophie de la punition, devenir quelqu’un de bien qui a tiré des leçons de ces punitions et s’est réformé grâce à celles-ci. C’est-à-dire qui est bien dans sa peau au niveau émotionnel, qui est stable et bien dans sa peau, qui a acquis des valeurs morales et qui puisse passer le reste de sa vie avec cette maturité.

Si un enfant a été éduqué par la punition, regardez sa vie, analysez-la, il y a des brisures dans des parties bien précises de sa vie. Vous le verrez à coup sûr.

Il ne sait jamais s’entendre avec son épouse.

Elle n’arrive pas à avoir une vie stable avec son époux.

Il/elle n’arrive pas à donner de l’amour à son enfant.

Parce qu’il/elle veut être perfectionniste, il/elle embête son monde.

Il/elle est sans cesse en conflit avec son entourage.

Il/elle est tout le temps en échec dans ses formations.

Il/elle a toujours du succès mais il/elle n’est jamais heureux(se).

Ce sont les effets négatifs de la punition.

Ou alors, il/elle est en colère et n’arrive pas à se contrôler.

Il/elle est très jaloux/se, il/elle n’arrive pas à surmonter cette jalousie.

Ou il/elle n’a plus d’énergie.

Il a 10 petites copines.

Elle sort avec des garçons.

En analysant leurs vies, vous voyez qu’il y a une mosaïque de brisures qui les suit comme une ombre durant toute leur vie.

Même si cette personne vous dit qu’elle n’a pas de problème, qu’elle a un travail, qu’elle est mariée et que tout va bien, il y a des manques et lacunes concernant les besoins basiques d’une personne, si durant son enfance, celle-ci a été éduqué avec punitions.

Traduit et retranscrit par votre soeur Oum Soumeyya

Source : extraits du programme radio d’Adem Günes, pédagogue

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