La violence institutionnalisée: silence, on punit!

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As salamou aleykoum mes chères lectrices,

Aujourd’hui, nous aborderons le thème de la punition et ses effets sur les enfants. L’article que vous lirez est un résumé d’un chapitre du livre Parents Bienveillants, Enfants Éveillés: les 10 clés de l’éducation efficace écrit par Laurence Dudek. Je vous conseille vivement de vous le procurer.

N’hésitez pas à prendre des notes dans votre petit carnet =)

Qu’Allah vous préserve,

Oum Soumeyya


La violence institutionnalisée

par Laurence Dudek [psychothérapeute et psychopédagogue]

La violence éducative existe également sans le contact physique, et elle s’exerce quotidiennement (on pourrait dire « ordinairement ») sur la quasi-totalité des enfants. Ces maltraitances étant admises par le loi, parfois même préconisées par certains pédagogues, psychologues, pédopsychiatres,… (qui vous expliquent par exemple comment « bien » punir), nous n’avons souvent pas conscience des effets néfastes qu’elles produisent.

La punition et la récompense

Les méthodes éducatives qui préconisent la punition et la récompense, ainsi que la compétition entre les enfants, sont appliquées généralement dans les familles parce qu’elles sont inscrites dans les pratiques de l’école et du système social à grande échelle.

Ces pratiques violentes sont non seulement inefficaces, mais aussi contre-productives et toxiques.

Une société violente composée d’individus violents qui perpétuent la loi du plus fort au détriment de l’intelligence, de la créativité et de la sagesse…

Comment bien dresser un enfant?

Si les punitions et les récompenses peuvent être efficaces pour le dressage (qui consiste à créer des automatismes inconscients, sans compréhension du sens de l’action), elles ne fonctionnent pas pour élever les enfants ni pour les instruire, parce que ces pratiques coercitives [c’est-à-dire qui exercent une contrainte] à forte composante émotionnelle inhibent l’intelligence qui permet d’assimiler et de s’approprier les savoirs.

Les enfants apprennent malgré cela et non pas grâce à cela.

En effet, on peut obtenir une motivation à court terme et des réflexes en punissant un enfant ou en le gratifiant. Mais dès que la punition (ou la gratification) cessera, on reviendra au point de départ. On apprend donc à l’enfant à fonctionner sous la tutelle d’une menace ou d’une promesse.

Éduquer sans punir

Contrairement aux idées reçues, éduquer sans punir et sans récompenser est beaucoup plus cadrant et sécurisant pour les enfants, ce qui permet de pousser la discipline plus loin que les méthodes coercitives.

À l’école

L’école (de la maternelle au lycée) use abondamment de punitions et de récompenses. Le système demeure au centre de la relation entre les enseignants et les apprenants. Mais d’autres outils pédagogiques, qui revêtent les apparences de la bienveillance et de la non-violence, sont en réalité des punitions et des récompenses qui ne disent pas leur nom.

Les outils pédagogiques prétendument efficaces et considérés comme « modernes », qui sont des punitions/récompenses dissimulées sous une apparence créative. Les « ceintures de compétences », « clés du comportement », « fusée de la sagesse » et autres outils visant à sanctionner les comportements de l’enfant en classe n’ont aucun contenu didactique, sinon celui inavoué, d’apprendre à être puni, sans intégrer la base de tout apprentissage cognitif : le quoi faire et comment faire.

Ce sont des outils en apparence ludique (avec une présentation visuelle, un espace réservé et un rituel) par lesquels l’élève, selon ses comportements en classe reçoit des récompenses par des codes couleurs ou des grades.

Inefficaces, mais surtout d’une violence psychologiques qui enferme l’enfant dans une résonance émotionnelle toxique : se soumettre (tristesse), se rebeller (colère), s’extraire (peur), se taire (honte)…

Il ne suffit pas de prétendre qu’un fonctionnement n’est pas punitif pour qu’il ne le soit pas. Les seules personnes légitimes à ressentir (donc à attester) si une action pédagogique est violente ou non sont les enfants.

Lorsqu’un enfant pleure parce qu’il a obtenu une clé rouge, une fusée jaune ou toute autre forme de punition, lui dire : « Ne pleure pas, ce n’est pas grave, et ainsi tu vas apprendre à mieux te comporter la prochaine fois » est une violence ajoutée à la violence même de la sanction.

La punition, un stigmate

La punition est un stigmate pour l’enfant qui la subit: elle le marque et l’empêche de se défaire du comportement qui en est à l’origine.

Un enfant qui fait une entorse au règlement ou qui commet un acte violent ou qui ne respecte pas les consignes données en classe a besoin d’être éduqué. C’est-à-dire d’apprendre le quoi et le comment, de comprendre, d’intégrer, de maîtriser, d’évoluer… Autant d’opérations que la punition empêche.

Punir n’est jamais un acte pédagogique, car punir n’apprend rien.

Que fait la punition?

La punition fait peur. La punition fait mal. La punition fait reculer. Elle met à l’écart et elle humilie. La punition entraîne le mensonge et la dissimulation, la manipulation, la fuite, la honte, la vengeance…

Punir est un privilège que s’octroient des adultes qui ne peuvent pas ignorer qu’ils sont en train d’infliger de la souffrance (les enfants pleurent, se renferment sur eux-mêmes, ils ont peur, ils supplient, etc.) en usant d’une autorité dévoyée et inefficace.

Punir relève d’une impuissance à éduquer.

Punir prépare les enfants à obéir sans contester une fois devenus adultes.

Et si on arrêtait de punir les enfants?

Décider d’arrêter de punir les enfants, c’est libérer l’intelligence, c’est s’autoriser à être créatif et conscient, à partager le savoir, à l’élever, à révéler l’excellence qui est en chacun de nous… C’est un bienfait pour tous!

Résumé et retranscrit par Oum Soumeyya – Tous droits réservés.

Nous vous invitons à sensibiliser votre entourage en partageant l’image suivante. Par la même occasion, nous vous conseillons de consulter ce document très intéressant: On ne tape pas!

Pour celles qui désireraient en connaître plus sur le sujet, je vous invite à lire nos articles suivants:

« La chaise de la réflexion »

Punition = humiliation | Adem Günes

L’éducation par la punition

L’éducation sans punition en 3 étapes

Pas de punition: oui, mais pourquoi?

Pourquoi me frappes-tu ? (1) | Banu YASAR

Pourquoi me frappes-tu ? (2) | Banu YASAR

Le caractère de l’enfant (4): ses besoins

Le caractère de l’enfant (5): le chantage affectif – les enfants rebelles

Le caractère de l’enfant (6) : l’ennui – les punitions

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3 commentaires

  1. Salam aleykoum, difficile de demander à toute une école de changer son fonctionnement! Comment peut-on agir à la maison pour contrer les effets néfastes des gommettes de couleur selon le comportement (ça terrorise mes enfants à l’idée de pouvoir être en rouge)?

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